Fondé à l’été 1996, Saïga est un tour-opérateur résolument impliqué dans la préservation du patrimoine naturel. Phlippe Marais, son co-fondateur, est un homme discret. Ni Che Guevarra du tourisme vert, ni donneur de leçons, il prône une approche ouverte de l’écotourisme.
Ethisme. Saïga en quelques mots ?
Philippe Marais. Saïga a été monté autour de l’idée de proposer des programmes pour découvrir le patrimoine naturel et les enjeux de préservation de l’environnement de la manière la plus accessible possible. Nos voyages ne nécessitent donc pas de connaissances scientifiques particulières ni d’aptitudes physiques. En d’autres termes, nos guides ne citent pas les espèces par leurs noms latins et nos voyages ne consistent pas à rester des heures dans des affuts humides et remplis de moustiques ! Nous souhaitons avons tout donner la possibilité de vivre de belles émotions devant le spectacle de la nature.
Ethisme. Qui sont les voyageurs qui partent avec Saïga ?
Philippe Marais. Nous n’avons pas vraiment de voyageur type. Le point commun de tous nous participants c’est leur motivation autour du programme qu’ils ont choisis. A partir de là, qu’ils soient une famille avec des enfants ou un couple de retraités, ils forment un groupe homogène. Nous avons également un public de non-initiés qui a envie d’en savoir un peu plus sur l’ornithologie ou les problématiques de déforestation.
Ethisme. Que répondez-vous aux gens qui considèrent l’éco-tourisme comme une tourisme réservé aux initiés ?
Philippe Marais. Je pense que l’éco-tourisme peut intéresser des voyageurs différents. Certains, initiés et passionnés par ces problématiques et d’autres, moins connaisseurs mais curieux du patrimoine naturel qui les entoure. C’est pourquoi nous avons, chez Saïga, deux grands familles de voyages. Ceux que nous classons sous la thématique “Agir pour la nature” où les voyageurs sont, s’ils le souhaitent, appelés à participer aux actions menées sur le terrain et des voyages de découverte en petits groupes (8 à 10 personnes) qui s’adaptent à tous les publics. L’un d’entre eux mène par exemple les voyageurs sur la Loire, à la découverte du patrimoine humain et naturel du dernier fleuve sauvage d’Europe.
Ethisme. En quoi cela diffère-t-il des voyages “Agir pour la nature” ?
Philippe Marais. Prenons l’exemple de notre voyage à Bornéo, qui est l’un des produits phare de la thématique : C’est une immersion dans un village de la forêt, les voyageurs restent une semaine au même endroit et vivent au rythme des assistants de recherche qui mènent sur place une étude scientifique sur l’adaptation de l’orang-outang à la dégradation de la forêt primaire, son habitat naturel. Ils partent donc tôt le matin en pirogue, passent la journée dans la forêt tropicale et rentrent au village vers 16h. Ce voyage, fait d’observation de la faune sauvage, de rencontres avec les villageois, de temps libre dans le village, est loin des principes du tourisme classique.
Ethisme. Quels sont les voyages qui ont sont le plus demandés ?
Philippe Marais. En France, le voyage sur la Loire ou la randonnée dans les Cévennes Méridionales avec un âne de bât ont beaucoup de succès. Sur ce dernier circuit, le parcours en lui-même n’a rien d’original par rapport aux randonnées proposées par les autres TO de marche mais notre point fort se situe autour de l’aspect humain : nous travaillons avec Semelles au Vent, un organisme de tourisme rural qui apporte une véritable valeur ajoutée à la randonnée notamment en matière d’informations sur les paysages traversés et les enjeux de préservation.
A l’étranger, le Costa Rica, Bornéo et l’Italie et la Grèce pour les mammifères sont des séjours très demandés.
Ethisme. Saïga est aujourd’hui le “voyagiste officiel” de Nature et Découvertes. Que vous apporte ce partenariat ?
Philippe Marais. C’est Nature et Découvertes qui a choisi de travailler avec nous et nous avons mis au point un véritable partenariat autour d’un public, leurs clients, dont l’état d’esprit correspond parfaitement à celui de Saïga.
Ethisme. Quelles seront les nouveautés de Saïga pour les mois qui viennent ?
Philippe Marais. Nous renforçons notre modeste département R&D pour identifier des programmes de voyage qui vont venir en appui à des initiatives locales. Nous allons bientôt lancer le Kerala avec une immersion dans un village et un voyage autour des soins ayurvédiques, un séjour qui vient répondre à une problématique d’exode vers les villes pour les hommes et de travail pour les femmes qui restent. Nous allons également lancer le Kenya et le Maroc début 2010.
(Source : ethnisme.com)